Gestion de la pratique

Autonomie dans les choix des outils cliniques, technologiques ou méthodologiques

L’Ordre encadre la pratique des sexologues, mais ne recommande, n'approuve, ni interdit l’utilisation spécifique d’outils cliniques, technologiques ou méthodologiques (par exemple : grilles d’évaluation, logiciels de tenue de dossiers ou de prise de rendez-vous, plateformes de télépratique, outils d’intelligence artificielle, etc.), pour autant qu’ils soient conformes aux lois, règlements et obligations professionnelles en vigueur. 

Les principales raisons sont détaillées ci-dessous.
 

Responsabilité professionnelle individuelle

Il revient aux personnes professionnelles, en l’occurrence les sexologues, de choisir les outils appropriés à leur pratique, dans le respect de leur code de déontologie, la législation applicable et leurs obligations professionnelles. Cela implique de s’assurer de la pertinence des outils, d’évaluer les risques et les bénéfices et d’assumer pleinement la responsabilité des décisions prises à l’aide de ceux-ci.

Cette posture de l’Ordre vise à préserver la liberté professionnelle, la diversité des approches, la latitude dans le choix des outils, ainsi que la capacité d’adaptation des sexologues aux besoins de leur clientèle, leur mandat et leur milieu. En ne s’érigeant pas en instance d’approbation des outils, l’OPSQ évite de restreindre l’autonomie des sexologues, ce qui leur permet d’évoluer à leur propre rythme dans un contexte de pratiques diversifiées.

Évolution rapide des outils professionnels

Qu’ils soient cliniques, technologiques ou méthodologiques, les outils utilisés en pratique professionnelle évoluent. Un dispositif jugé fiable aujourd’hui peut devenir obsolète, non conforme ou risqué demain. Il n’est donc ni réaliste, ni approprié, ni efficace pour un ordre professionnel de garantir la pérennité ou la conformité de chacun des outils disponibles sur le marché.

L’Ordre mise plutôt sur l’encadrement des conditions d’utilisation (compétences requises, consentement de la clientèle, protection des données, etc.), afin que les pratiques demeurent conformes aux obligations professionnelles, éthiques et légales. Ce positionnement constitue un levier plus durable et englobant pour assurer la protection du public.

Opacité des politiques d’utilisation

Les politiques d’utilisation de certains outils peuvent être modifiées sans avis. Ces changements peuvent passer inaperçus, sauf pour celles et ceux qui les utilisent régulièrement et qui y portent une attention particulière. Dans ce contexte, l’Ordre est limité dans sa capacité à surveiller des outils dont les conditions d’utilisation sont opaques ou inaccessibles, notamment parce que ces outils ne sont pas utilisés par l’Ordre lui-même.

Cela renforce l’importance de l’évaluation continue par les personnes utilisatrices. C’est également pour cette raison que l’Ordre encourage fortement les sexologues à se joindre des communautés de pratique, afin de favoriser le partage d’expériences, la collaboration et le développement de compétences collectives. 

Contexte d’utilisation très variable

La pertinence et la sécurité des outils dépendent du contexte dans lesquels ils sont utilisés. Les sexologues sont les premières personnes capables de juger si l’outil est à la fois adapté à leur clientèle, leur milieu, leur mandat et les autres obligations professionnelles.

Il existe déjà un potentiel de conflit d’intérêts lorsque qu’une institution ou un employeur fournit ou impose un outil qui ne s’aligne pas avec le Code de déontologie. Si l’Ordre approuvait certains outils, cela ajouterait un autre niveau de situations de conflits d’intérêts, en créant des contextes où les recommandations de l’Ordre pourraient ne pas s’harmoniser avec les outils privilégiés par les milieux de pratique.

Pour éviter ces contradictions, l’Ordre reconnaît que différents outils peuvent être pertinents selon les situations et laisse aux sexologues, ainsi qu’à leur employeur ou institution, une flexibilité décisionnelle à cet égard, à condition de respecter les lois, règlements et obligations professionnelles en vigueur. 

En référence aux articles 1 à 3 du Code de déontologie des sexologues, même si un outil est validé ou recommandé par un employeur ou une institution, il revient toujours aux sexologues d’exercer leur jugement professionnel de manière responsable pour s’assurer que l’utilisation est conforme à l’ensemble de leurs obligations. 

Accessibilité aux outils 

En conformité avec sa mission, une recommandation d’un outil spécifique par l’Ordre viserait avant tout à assurer la protection de la clientèle et du public, et ce, même si elle peut aller à l’encontre des intérêts ou préférences de certain.es sexologues.

Par conséquent, un outil recommandé par l’Ordre pourrait entraîner des coûts plus élevés, nécessiter davantage de temps de formation ou exiger un investissement technologique supérieur à d’autres options disponibles sur le marché. Des sexologues pourraient choisir de l’utiliser pour respecter la recommandation de l’Ordre, même si d’autres solutions sécuritaires et conformes existent pour leur pratique. Cette situation soulève un enjeu d’équité, particulièrement pour les sexologues en pratique autonome ou dans des milieux aux ressources limitées, en plus de désavantager celles et ceux qui ont déjà investi temps et ressources pour intégrer de façon responsable des outils appropriés.

 

En somme, l’Ordre fait confiance à l’expertise et aux capacités d’évaluation des sexologues. En valorisant le jugement professionnel, la responsabilité individuelle et la diversité des pratiques, l’Ordre maintient un équilibre essentiel entre protection du public, flexibilité professionnelle et adaptation continue des services aux réalités du terrain.

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